MISE À JOUR
SUR LA LA PHOTOTHÉRAPIE
Par
Centre Hospitalier de l’Université de Montréal LA PHOTOTHÉRAPIE
La photothérapie (du grec: phôs, phôtos,
lumière; therapeia, traitement) consiste à traiter le psoriasis et une vaste
gamme d’affections cutanées au moyen de radiations électromagnétiques non
ionisantes, telles que les rayons ultraviolets (UV). Ce traitement médical,
qu’il soit de source naturelle
ou artificielle, suppose le respect d’un certain nombre de conditions, et
plus spécialement une surveillance médicale étroite à cause des accidents
sérieux qu’il peut provoquer..
L’HÉLIOTHÉRAPIE
L’héliothérapie consiste à exposer le corps en entier ou en partie
aux rayons du soleil. L‘héliothérapie a connu par le passé une grande vogue
lorsque la pharmacopée était bien restreinte.
Le rôle que joue le soleil dans l'amélioration de certaines
maladies cutanées telle que le psoriais était connu depuis des millénaires.
Dans le passé l’héliothérapie était surtout recommandée, dans les cas de certaines carences
vitaminiques (rachitisme chez l’enfant, par exemple), de certaines formes de
tuberculose non pulmonaire (osseuse en particulier), ou pour accélérer le
processus réparateur des maladies cutanées. A ces bienfaits objectifs
viennent s’ajouter des effets psychologiques bénéfiques.
LA MER MORTE
L’endroit géographique par excellence pour traiter le psoriasis n’est nul
autre que la Mer Morte. considérée comme le sous-sol de notre planète.
Aristote (304-322 avant JC) fut le premier à en consigner les qualités
étonnantes, "de l'eau très amère et salée, dans laquelle aucun poisson ne
peut vivre et aucun homme ou animal ne peut s'y noyer".
La Mer Morte occupe une surface
de 80 x 17 km et comporte deux bassins: un au nord - 350 m de profondeur -
et le second au sud, d'à peine quelques mètres de profondeur. Elle est
située dans un bassin encaissé entre des montagnes s'élevant à 1200 m
au-dessus de sa surface. Les températures y sont élevées toute l'année. Sa
situation privilégiée à environ 400 mètres au dessous du niveau de la mer,
contribue au développement d'un climat unique du fait qu'à cette basse
altitude une couche atmosphérique additionnelle est présente. Celle-ci, en
association avec la brume d'évaporation, forme un filtre naturel qui bloque
la portion érythématogène des UVB <300nm et d'ailleurs inutile pour le
psoriasis, et permet le passage des UVB >300nm, reconnus pour leurs
propriétés thérapeutiques à enrayer le psoriasis.
LE RAYONNEMENT SOLAIRE
Le spectre solaire est composé de trois familles de longueurs
d'ondes: les ultraviolets, la lumière visible et les infrarouges. Les
ultraviolets étant des rayons invisibles, le terme radiation plutôt que
lumière serait plus approprié.
On reconnaît trois groupes de rayons ultraviolets : Les UVA, les
UVB et les UVC.
Les UVA: ont d’une longueur d’onde comprise entre 320 et 400 nm. À
leur tour, ils se subdivisent en
: UVA1 (340 - 400 nm) et UVA2 (320 - 340 nm).
Les UVB: ont une longueur d’onde comprise entre 290 et 320 nm. Le
pourcentage d'UVB augmente de 4% tous les 300 mètres d'altitude.
L'épuisement de la couche d'ozone pourrait permettre la pénétration d'une
quantité plus importante de rayons UVB. Pour plus de détails sur la couche
d’ozone consultez :
http://www.epa.gov/docs/ozone/index.html
Les UVC: ont une longueur d’onde inférieure à 290 nm et sont stoppés normalement par la couche d'ozone. Ce sont des rayons erythématogènes et peu utilisés en dermatologie. Leur propriété bactéricide est parfois utilisée pour traiter des ulcères cutanés1 .
Les ultraviolets et les rayons visibles occupent la portion
centrale du spectre électromagnétique. Le tableau 1 illustre le spectre
électromagnétique au complet.
Le rayonnement solaire se compose à 50% d’infrarouge à 40% de
lumière visible et à 10% d’U.V. Dépendant de la latitude, l'altitude, la
saison, l'heure, la nébulosité, la réflexion, la diffusion et la teneur en
ozone, ces proportions peuvent varier (voir tableau 2).
L’intensité du rayonnement nécessaire pour produirre un érythème
avec les UVA est de 500 à 1000 fois plus élevé qu ’avec les UVB. Le soleil
émet 100 fois plus de rayons UVA que de rayons UVB à la surface de la terre.
Les longueurs d'onde les plus courtes sont les plus actives,
donc celles dont il faudra se protéger plus activement.
La réflexion au niveau du sol est de 85% pour la neige, 17% pour le
sable, 5% pour l'eau et 3% pour l'herbe.
Les UVC sont bloqués par la couche cornée. Les UVB atteignent à
peine l’épiderme tandis que les UVA atteignent facilement le derme.
Définitions utilisées en photothérapie.
Sources de radiations non-ionisantes:
sont utilisées en photomédecine pour émettre une radiation électromagnétique
généralement située entre 200 et 4000 nm.
Rayonnement ou Énergie de radiation (Radiant Energy): est la quantité de radiation électromagnétique exprimée en Joules
(J). 1J=1000mJ
Puissance (Radiant Power): est le taux de radiation émise par seconde
exprimée en watts (W) W = J/sec.
Éclairement énergétique ou fluence (Irradiance):
est l'intensité par cm2 et est exprimée en W/cm2. En
photothérapie l'intensité est mesurée par un radiomètre et la lecture est
faite en W/cm2 ou mW/ cm2. À noter que cette lecture sera
influencée par la distance qui sépare l'appareil de la source de radiation. Dans un
ciel clair, l’éclairement énergétique des UVB, de source solaire, équivaut à
0,2 mw/cm² et pour les UVA : 3 à 7 mw/cm². Ces valeurs sont sujets
à la variation tel que mentionné plus haut.
Dose d'exposition: est la quantité de rayonnement reçue par la peau par cm2
(éclairement énergétique) par le temps d'exposition. Pour l'UVB thérapie
ceci s'exprime en mJ/ cm2 pour la PUVA en J/ cm2
Dose (mJ/ cm2) = éclairement énergétique (mW/ cm2)
x temps d'irradiation (secondes) x 0,06
Dosimétrie:
est la mesure de l'énergie de radiation par cm2 de surface
corporelle.
Radiomètre ou Photomètre: appareil
mesurant l'énergie de radiation par cm2 de surface
corporelle/seconde. À noter que cette lecture sera influencée par la
distance qui sépare l'appareil
de la source de radiation.
Dose Érythémateuse Minimale (DEM) "Minimal Erythematous Dose (MED)"
C’est la plus
faible dose d’UVB qui cause un
érythème perceptible ayant 4 bordures distinctes 18 à 24 heures après
l’exposition.
Dose Phototoxique Minimale (DPM) "Minimal
Phototoxic Dose (MPD)"
C'est le minimum d'érythème perceptible qui apparaît en dedans de
72 heures chez une personne ayant ingéré du 8-MOP (0,4mg/kg), une à deux
heures avant de s’exposer à des doses croissantes de rayons UVA.
L’évaluation préphotothérapeutique (UVB et PUVA):
Avant même de recommander un patient en photothérapie aux rayons UVA ou UVB, on évalue la maladie et le patient, puis on discute d’un plan thérapeutique approprié pour chaque patient. Tous les renseignements nécessaires sont fournis au patient, verbalement et par écrit.
L’évaluation de la maladie:
Si cela
s’avère nécessaire, le diagnostic est confirmé par une biopsie.
Vérifier si la gravité de
la maladie justifie la photothérapie.
Le patient reçoit-il des
médicaments photosensiblisants ou du Méthotrexate?
Sa qualité de vie
est-elle vraiment perturbée?
Y a-t-il des antécédents
de lupus? de radiothérapie? des lésions néoplasiques ou prénéoplasiques?
Est-il porteur de naevi atypique (dysplasique)? Il est
primordial de discuter les effets secondaires à court et à long terme
surtout s’il s’agit d’enfants atteints de psoriasis généralisé.
L’évaluation du patient:
Avant de
prescrire la photothérapie, le médecin doit se poser plusieurs questions. En
effet, la PUVAthérapie s’adresse surtout à des personnes motivées et
capables d’observer dles recommandations telles que la protection oculaire, la prise de la médication à l’heure
indiquée, et ainsi de suite. Est-ce que le patient est motivé et fiable?
Pourra-t-il suivre les recommandations concernant la protection de la peau
et des yeux? Est-il capable de
se tenir debout dans la cabine? Est-il capable de se déplacer? Demeure-t-il
bien loin du centre de photothérapie? A-t-il
le temps de suivre son traitement? Quelle est la fréquence de
traitements à lui recommander?
L’examen ophtalmologique doit être effectué de routine avant de commencer la PUVAthérapie, puis de façon annuelle. Les anticorps antinucléaires (ANA) et les enzymes hépatiques oivent être vérifiés.
Déterminer le plan thérapeutique optimal pour chaque
patient. Pour traiter le psoriasis, qu’il s’agisse de PUVA ou d’UVB, il faut
déterminer si les rétinoïdes systémiques devront être administrés de 10 à 14
jours avant le début de la photothérapie). D’autres traitements en
association doivent aussi être considérés : émollients, goudron,
corticostéroïdes topiques, anthraline, dovonex, tazorac etc..
Il est primordial de discuter avec le patient des effets secondaires à court et à long terme, surtout s’il s’agit d’un enfant atteint de psoriasis généralisé.
La sécurité en photohérapie
La sécurité et le confort du patient:
Le personnel
infirmier qui programme le traitement doit rester à proximité du patient.
Une minuterie additionnelle serait aussi souhaitable.
Les lampes
doivent être couvertes par une gaine en plastique pour prévenir les blessures en cas de chute dans la
cabine de radiation.
Il est
souhaitable d’offrir aux patients de recevoir les traitements tôt le matin
ou tard le soir pour ne pas interrompre leur horaire de travail.
La protection
des yeux ainsi que des organes génitaux mâles doit être soulignée.
La
sécurité de la cabine de photothérapie.
Un bouton
d’arrêt de l’appareil doit être accessible lors du traitement, pour que le
patient puisse s’en servir en cas d’urgence. Les portes doivent s’ouvrir
facilement. Le plancher doit toujours être sec afin d’éviter les chutes en
glissant. Un système de ventilation et de refroidissement est nécessaire,
surtout lorsque l’espace est restreint.
Aspects médico-légaux:
Tous les
patients sont susceptibles de subir des brûlures à la suite d’une
photothérapie. Si le traitement est reçu dans une institution, le médecin
ainsi que l’infirmière ou le
technicien sont responsables. Des cours de formation sont offerts par la
« National Psoriasis Foundation » ou la « Dermatology nurse association »
des Etats-Unis. Il est important de suivre les lignes directrices de l’AAD
(Guidelines of Care for Phototherapy and Photochemotherapy J AM ACAD
DERMATOL 1994;31:643-8).
Le fait
d’avoir un équipement sécuritaire, un personnel bien formé, un
photothérapiste expérimenté et un patient fiable constitue un atout pour la
réussite du traitement.
LA PHOTOTHÉRAPIE AUX UVB
Les
principales indications et contre-indications de photothérapie aux UVB sont
présentées aux tableaux 3 et 4.
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Incréements |
Vitiligo + DEM 140 |
DEM 260 |
DEM 380 |
DEM 500 |
||||||||
|
UVB en |
estiamtion |
Temps réel en sec |
UVB en |
estiamtion |
Temps réel en sec |
UVB en |
estiamtion |
Temps réel en sec |
UVB en (J/cm2 ) |
estiamtion |
Temps réel en sec |
|
|
2 |
0.070 |
|
|
0.130 |
|
|
0.190 |
|
|
0.250 |
|
|
|
2 |
0.077 |
|
|
0.143 |
|
|
0.209 |
|
|
0.275 |
|
|
|
3 |
0.085 |
|
|
0.157 |
|
|
0.230 |
|
|
0.303 |
|
|
|
4 |
0.093 |
|
|
0.173 |
|
|
0.253 |
|
|
0.333 |
|
|
|
5 |
0.102 |
|
|
0.190 |
|
|
0.278 |
|
|
0.366 |
|
|
|
6 |
0.113 |
|
|
0.209 |
|
|
0.306 |
|
|
0.403 |
|
|
|
7 |
0.124 |
|
|
0.230 |
|
|
0.337 |
|
|
0.443 |
|
|
|
8 |
0.136 |
|
|
0.253 |
|
|
0.370 |
|
|
0.487 |
|
|
|
9 |
0.150 |
|
|
0.279 |
|
|
0.407 |
|
|
0.536 |
|
|
|
10 |
0.165 |
|
|
0.307 |
|
|
0.448 |
|
|
0.589 |
|
|
|
11 |
0.182 |
|
|
0.337 |
|
|
0.493 |
|
|
0.648 |
|
|
|
12 |
0.200 |
|
|
0.371 |
|
|
0.542 |
|
|
0.713 |
|
|
|
13 |
0.220 |
|
|
0.408 |
|
|
0.596 |
|
|
0.785 |
|
|
|
14 |
0.242 |
|
|
0.449 |
|
|
0.656 |
|
|
0.863 |
|
|
|
15 |
0.266 |
|
|
0.494 |
|
|
0.722 |
|
|
0.949 |
|
|
|
16 |
0.292 |
|
|
0.543 |
|
|
0.794 |
|
|
1.044 |
|
|
|
17 |
0.322 |
|
|
0.597 |
|
|
0.873 |
|
|
1.149 |
||